M. XI - DYNAMIQUE ; PRINCIPE DE MOINDRE ACTION
Coordonnées généralisées
• Pour décrire un point matériel, ou un système de
points
matériels, on peut utiliser un système de
coordonnées
“quelconques”
(non nécessairement cartésiennes) avec
si les mouvements des
points ne
sont pas restreints par des contraintes.
L'expérience montre que la connaissance des coordonnées
et des “vitesses” correspondantes
à un instant “initial” donné permet généralement d'obtenir les
expressions des
(équations du mouvement) puis en principe d'en déduire le mouvement
du système.
Principe de Hamilton et lagrangien
• Le principe de Hamilton suppose que tout
système mécanique peut être caractérisé par une fonction
“lagrangien”
.
Pour simplifier l'écriture, on écrira souvent
en
sous-entendant les sommations sur les différents termes
correspondants.
• En considérant qu'à deux instants
et
les
positions du système correspondent à
et
données, alors on définit la quantité “action” (de Hamilton)
:
.
◊ remarque : ici
et
représentent des fonctions
et
cherchées.
• Le principe de Hamilton (principe de moindre
action) suppose que le mouvement entre les positions
et
est tel que l'action soit minimum (ou au moins extremum) :
.
• Pour des points matériels très éloignés, les mouvements sont
indépendants ; le lagrangien du système est simplement la somme des
lagrangiens de chaque point (ainsi les variations de chacun en
fonctions des coordonnées des autres points sont nulles).
Par ailleurs, on peut montrer que l'ajout au lagrangien de la
dérivée totale par rapport au temps d'une fonction
arbitraire est
sans effet (ceci permet des simplifications).
📖 exercice n° I.
Équations du mouvement
• Pour une variation
du
mouvement étudié, induisant une variation
, le calcul de la variation donne (sans terme en
puisqu'on fait varier
et
pour chaque
puis
qu'on intègre sur
) :
.
Puisque
l'intégration par parties donne :
.
Puisque
la condition
impose les équations (d'Euler-Lagrange) décrivant le
mouvement :
.
Point matériel isolé
• L'expérience montre qu'en l'absence d'interactions l'espace semble
homogène et indépendant du temps, pourvu qu'on raisonne par rapport
à un référentiel “galiléen”, donc le lagrangien d'un point matériel
isolé ne
dépend que de sa vitesse.
En outre l'espace semble isotrope, donc ce lagrangien de dépend que
de la norme de la vitesse ; on peut noter
.
• L'expérience montre que la mécanique semble invariante par
changement de référentiel galiléen, en particulier pour un
changement infinitésimal :
;
.
Pour que les lois soient inchangées, il faut et il suffit que le
terme supplémentaire soit la dérivée totale par rapport au temps
d'une fonction
. C'est le cas
pour la fonction
mais
n'est pas une fonction de
, donc
le terme
est acceptable si et seulement si
.
On peut donc considérer :
, où la constante
est une caractéristique du point matériel étudié.
On peut alors vérifier que ce lagrangien est plus généralement
“invariant” pour tout changement de référentiel galiléen.
• Dans ce cas on obtient
donc les équations du mouvement donnent :
; ceci correspond à
(loi de l'inertie).
📖 exercice n° II.
Système de points matériels
• Pour un système de points matériels en
interaction, on peut écrire le lagrangien comme la somme des
termes associés aux points et d'un terme
décrivant
l'interaction :
.
Les équations du mouvement
conduisent à la loi de Newton :
.
◊ remarque : avec les notation usuelles, cela correspond à
.
• Ceci permet de généraliser au cas d'un point matériel
en
interaction avec un “champ extérieur”, forcément causé par d'autres
points matériels dont l'effet est décrit globalement.
Dans ce cas les autres points ne contribuent pas à l'expression de
car on les
étudie pas, ni à l'expression de
: on
suppose donné globalement le champ extérieur par l'intermédiaire de
.
Par contre, ce terme peut dépendre du temps à
cause des mouvements des autres points :
.
📖 exercices n° III et IV.
Lois de conservation
• Pour un système de
équations, la résolution fait intervenir
constantes d'intégration
:
;
.
L'inversion de ce système d'équations fait apparaitre
constantes du mouvement (il reste un arbitraire de l'origine
du temps) :
.
• Une constante du mouvement très générale découle du fait que, pour
un système fermé ou dans un champ extérieur constant, le lagrangien
ne dépend pas explicitement du temps ; ainsi (en notations
simplifiées) :
;
.
• Pour tout système dont le lagrangien ne dépend
pas explicitement du temps, ceci correspond à une énergie
constante :
.
L'énergie est une expression linéaire du lagrangien, donc est
additive dans les mêmes conditions.
◊ remarque : d'après l'expression de
, cette
énergie est
.
• D'autres constantes du mouvement très générales découlent du fait
que, pour un système fermé, le lagrangien est invariant par
translation ; ainsi (en coordonnées cartésiennes) :
(même déplacement pour tous les points) ;
;
.
• Pour tout système dont le lagrangien est
invariant par translation, ceci correspond à un vecteur impulsion
constant :
.
On peut de même associer une impulsion généralisée
constante pour toute coordonnée
dont le
lagrangien ne dépend pas explicitement.
◊ remarque : si les variables utilisées pour exprimer le lagrangien
sont les coordonnées des points, on obtient
.
• D'autres constantes du mouvement très générales découlent du fait
que, pour un système fermé, le lagrangien est invariant par
rotation. En notant
une rotation infinitésimale :
;
;
;
;
.
• Pour tout système dont le lagrangien est
invariant par rotation, ceci correspond à un vecteur moment
cinétique constant :
.
Équations de Hamilton
• L'obtention des équations d'Euler-Lagrange décrivant le mouvement
à l'aide d'un lagrangien n'est pas la seule méthode. On peut
considérer :
;
(définition) ;
(équations du mouvement) ;
.
• On peut alors définir le hamiltonien, pour
lequel les variables sont les coordonnées et les impulsions (et le
temps) :
.
Par exemple pour un point matériel dans un champ extérieur :
.
• Ceci donne :
; on en déduit les équations du mouvement sous la
forme de
équations du premier ordre (au lieu de
équations
du second ordre) :
;
.
On remarque alors que
, c'est-à-dire que si le hamiltonien ne dépend pas
explicitement du temps, il représente une quantité constante du
mouvement : l'énergie.
Principe de moindre action et hamiltonien
• Pour une variation
du
mouvement étudié, induisant une variation
,
le calcul de la variation de l'action donne (sans terme en
puisqu'on fait varier
et
pour
chaque
puis
qu'on intègre sur
) :
;
.
Puisque
l'intégration par parties donne :
;
.
Puisque
la condition
impose les équations (de Hamilton) décrivant le mouvement
:
;
.
Limite de validité par rapport à la mécanique quantique
• De façon générale, la mécanique ainsi décrite est (seulement ? )
une (très généralement bonne) approximation de la mécanique
quantique, analogue à ce qu'est l'optique géométrique vis à vis de
l'étude complète de la propagation des champs électro-magnétiques.