RÉFRACTION ET RÉFLEXION - TP
Approximation de l’optique géométrique
• La lumière correspond à des ondes électromagnétiques qui, dans
le vide, se propagent à la célérité :
.
• On appelle “faisceau parallèle”
un faisceau lumineux correspondant à la propagation d’une
onde plane.
Dans un tel faisceau, on appelle “surfaces d’onde” les plans
(parallèles) où le champ électromagnétique a la même valeur
; ces surfaces sont séparées par la longueur d’onde :
où
est
la période d’oscillation de l’onde.
Pour la lumière visible, les longueurs d’onde sont comprises
entre
(violet) et
(rouge). |
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• On appelle “rayons lumineux” les droites
(parallèles) de direction perpendiculaire aux surfaces d’onde.
• À cause du caractère ondulatoire de la lumière, il apparaît un
effet de diffraction du faisceau lumineux si on essaye de le limiter
à une largeur trop petite.
Toutefois, il faut pour cela atteindre un
ordre de grandeur comparable à la longueur d’onde ; en
pratique, l’effet apparaît au dessous du dixième de
millimètre (
) et on peut donc obtenir avec diffraction négligeable des
“pinceaux lumineux” très fins (de l’ordre de
) qui visualisent la notion de “rayon” lumineux.
• L’approximation de “l’optique géométrique” correspond à la
partie de l’optique qui peut être traitée en ne considérant
que des raisonnements sur les “rayons lumineux”, comme s’il
s’agissait de pinceaux lumineux infiniment fins (et donc en
négligeant les effets tels que la diffraction). |
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Lois de la réflexion
• À la rencontre d'une surface métallique,
le champ électromagnétique d'une onde doit vérifier des
conditions limites. Par exemple, la projection tangentielle
du champ électrique reste nulle, sinon cela provoque
“instantanément” un déplacement de charges qui compense ce
champ. Cela provoque l'apparition d'une onde réfléchie.
Pour une surface diélectrique, les conditions limites sont
différentes, mais dans tous les cas l'interaction avec la
surface provoque plus ou moins de réflexion.
La configuration géométrique impose alors des relations
entre les rayons incidents et les rayons réfléchis (lois de
Snell-Descartes pour la réflexion). |
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- chaque rayon réfléchi est dans
le “plan d’incidence” qui lui correspond (plan du dessin
précédent), défini par le rayon incident et la normale à la
surface limite ;
- dans ce plan, “l’angle
d’incidence” (angle du rayon incident avec la normale
à la surface limite) et l’angle de réflexion sont “égaux”
(opposés si notés algébriquement).
Lois de la réfraction
• La vitesse de propagation de la lumière
dépend du milieu dans lequel elle se propage ; c’est en
général une célérité inférieure à celle mesurée dans le
vide.
La continuité des ondes lors du changement de milieu impose
un changement de direction des surfaces d’onde en accord
avec la variation de la longueur d’onde.
La configuration géométrique impose alors des relations
entre les rayons incidents et les rayons réfractés (lois de
Snell-Descartes pour la réfraction). |
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- chaque rayon réfracté est dans
le “plan d’incidence” qui lui correspond (plan du dessin
précédent), défini par le rayon incident et la normale à la
surface limite ;
- dans ce plan, “l’angle
d’incidence”
(angle du rayon incident avec la normale à la
surface limite) et l’angle de réfraction
sont liés par la relation :
où
et
sont
les “indices optiques” des deux milieux de propagation.
◊ remarque : la relation entre les angles correspond en fait à
:
; mais par ailleurs l’indice optique d’un milieu de
propagation est défini selon la célérité dans le milieu :
(
pour
le vide ;
pour l’air ;
pour le verre ;
en
général...) ; la comparaison des longueurs d’onde
conduit alors à la relation de Descartes.
◊ remarque : l'effet de mirage est une sorte de réfraction causée
par une variation progressive de l'indice de l’air au ras du sol
quand ce dernier est fortement chauffé par l’action du soleil ; on
peut observer un effet analogue dans un mélange inhomogène
eau-éthanol, et ceci tend à confirmer le caractère ondulatoire de la
lumière :
☞ remarque : le temps à disposition des étudiants étant limité,
les propriétés caractéristiques intervenant dans les trois
premières parties sont généralement montrées en début de séance
par des expériences (plus rapides) du professeur ; le matériel
reste ensuite à disposition des étudiants pour manipuler un peu en
fonction du temps qui leur reste en fin de séance.
Étude expérimentale de la réfraction
Description selon l’optique géométrique
• On se limite ici à considérer les
relations entre les directions des rayons.
On constate en particulier que lors du passage d’un milieu
d’indice
à
un milieu d’indice
il se produit une diminution de l’angle par rapport à
la normale. |
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Au contraire, si
, la réfraction implique :
. Mais pour
(incidence rasante) alors
et
donc la relation de Descartes ne peut plus être vérifiée
puisque
. La
réfraction est alors impossible et il y a réflexion totale. Le cas
limite (réfraction rasante) correspond à
quand
:
Ce phénomène est appliqué aux prismes des jumelles (réflexion plus
efficace qu'avec un miroir), aux jets d'eau illuminés et à la fibre
optique (la lumière est contrainte de suivre la direction sans
sortir) ...
Manipulation
• À l’aide d’un collimateur et d’un diaphragme en forme de fente,
préparer un faisceau parallèle fin permettant de visualiser un
“rayon” lumineux.
En faisant passer ce “rayon” par le centre d’un demi-cylindre
(plexiglas ou cuve à eau), vérifier expérimentalement la loi de
Descartes pour l’angle de réfraction (effectuer au moins une dizaine
de mesures, avec précision, en justifiant pourquoi le rayon incident
doit passer par le centre du demi-cylindre).
• Vérifier le retour inverse de la lumière en intervertissant le
sens du demi-cylindre et en constatant qu’on obtient les même angles
(intervertis).
Vérifier expérimentalement l’existence de la réfraction limite et de
la réflexion totale.
Propriétés des lentilles minces
Double réfraction à la traversée d’une lentille
• Placer devant le collimateur un diaphragme présentant trois fentes
: on visualise ainsi trois rayons (initialement parallèles).
• À l’aide d’une lame à faces parallèles, vérifier que les deux
réfractions en entrée et en sortie se compensent en première
approximation (il y a un “décalage” des rayons, généralement
inférieur à l’épaisseur de la lame, mais leur direction est
globalement inchangée) :
• Avec un prisme (dont les faces planes ne sont pas parallèles),
vérifier que les deux réfractions en entrée et en sortie ne se
compensent pas : il y a une déviation globale, qui dépend de l’angle
au sommet du prisme, et aussi un peu de l’incidence par rapport au
prisme.
• Avec une “lentille cylindrique” (dont les faces sont des portions
de cylindres), ou “plan-cylindrique”, la déviation n’est pas la même
pour tous les rayons puisqu’ils n’ont pas tous le même angle
d’incidence.
On constate qu’un rayon qui passe par le “centre” de la lentille
n’est pas dévié (par symétrie, l’effet est équivalent à celui d’une
lame à faces parallèles) ; en outre, les rayons incidents parallèles
convergent tous (approximativement) en un “foyer” :
• La distance entre le centre de la lentille et
le foyer est appelée “distance focale” de la lentille.
L’inverse de la distance focale est appelé “vergence” de la
lentille. La vergence se mesure en dioptries (symbole
;
équivalant à
) ; la vergence d’une lentille convergente (à bords minces) est
positive et celle d’une lentille divergente (à bords épais) est
négative.
Construction schématique des rayons particuliers
• Pour l’étude des lentilles minces, on peut négliger les
“décalages” lors de la traversée et ne tenir compte que des
déviations ; on utilise alors des représentation schématiques
simplifiées pour représenter les rayons passant par le centre (non
déviés) :
On utilise des schémas analogue pour représenter la convergence de
rayons incidents parallèles à l’axe de la lentille :
☞ remarque : on appelle “côté objet” celui des
rayons incidents et “côté image” celui des rayons réfractés ; pour
une lentille divergente, la “convergence” des rayons réfractés est
du côté objet (par prolongement des rayons réfractés) et on dit
alors que le “foyer image” est virtuel (car il n’est pas du côté
image) ; au contraire, le foyer image d’une lentille convergente
est un foyer réel.
• Si on considère des rayons incidents parallèles entre eux, mais
légèrement inclinés par rapport à l’axe de la lentille, on
constate qu’ils convergent en un “foyer secondaire” situé dans le
même plan focal passant par
:
• D’une façon symétrique, il existe un “foyer objet” (virtuel,
c’est-à-dire du côté image, pour une lentille divergente) tel que
les rayons incidents passant par le foyer objet ressortent
parallèles entre eux (et parallèles à l’axe de la lentille dans le
cas du foyer objet “principal”) :
Conditions de Gauss
• En réalité, les constructions précédentes sont simplifiées : ce
sont des approximations (généralement assez bonnes toutefois, tant
qu’on se limite à des lentilles minces)
• En particulier, les rayons passant près des bords de la lentille
sont plus déviés ; un faisceau parallèle trop large ne “converge”
donc pas exactement au foyer :
De même, les rayons d’un faisceau parallèle très incliné par
rapport à l’axe ne convergent pas exactement.
• On appelle “conditions de Gauss” les
conditions dans lesquelles il faut utiliser les lentilles pour que
les constructions schématiques “idéales” soient une bonne
approximation :
- rayons passant près du centre de la lentille ;
- rayons peu inclinés par rapport à l’axe de la lentille.
◊ remarque : les lentilles ont d’autres défauts ; par exemple,
l’indice d’un milieu de propagation dépend un peu de la longueur
d’onde de la lumière (et donc de la couleur considérée) ; ainsi la
position des foyers n’est pas exactement la même pour toutes les
couleurs (ceci donne lieu à des effets d’irisation).
Annexe : unités optiques
• La perception par l'œil humain des ondes électromagnétiques dépend
de leur longueur d'onde, selon la sensibilité des cellules de la
rétine aux différentes couleurs du spectre visible. Cette
sensibilité dépend aussi plus ou moins des individus. Pour étalonner
certains émetteurs et capteurs d'optique, des unités de référence
sont toutefois indispensables.
La puissance transportée par les ondes électromagnétiques lumineuses
(flux lumineux) est mesurée en lumens, en posant par principe que
l'efficacité lumineuse pour un rayonnement monochromatique de
fréquence
est
(valeurs considérées comme exactes).
◊ remarque : cela correspond à une longueur d'onde
(vert) environ au milieu du spectre visible et au maximum de
sensibilité de la rétine.
◊ remarque : depuis mai 2019, l'unité de puissance a une précision
relative
,
mais l'efficacité théorique normalisée ne peut pas décrire la
diversité des sensibilités pour chaque individu.
• L'éclairement est le flux lumineux reçu par unité de surface ; il
se mesure en
(c'est à dire
).
• L'intensité lumineuse est le flux lumineux émis par unité d'angle
solide ; elle se mesure en
(c'est à dire
).
◊ remarque : l'origine ancienne de cette unité provient du fait que
c'est à peu près l'intensité lumineuse d'une bougie.
RÉFRACTION ET RÉFLEXION - TP
Matériel
Pour chaque groupe (10 groupes)
dispositif à lentilles cylindriques (discoptic ?) avec accessoires
dispositif d’étude de la réfraction (5 groupes avec plexiglas, 5
groupes avec cuve à eau)
Au bureau
petite cuve transparente en verre (
de long)
deux supports réglables
un LASER (ou si possible deux de longueurs d'onde différentes)
éthanol ordinaire (alcool à brûler ?)
agitateur en verre (plutôt gros)
petit bécher (pour verser)
fente réglable sur support (pour diffraction)
fentes étalonnées
et
(pour diffraction)