GAZ PARFAITS - corrigé du TP
Expérience de Clément-Desormes
Modélisation
• Dans un diagramme de Clapeyron
, la détente adiabatique
suit la loi de
Laplace, mais pour les très petites variations considérées les
portions de courbes sont quasi-rectilignes ; elle est suivie d'un
rééquilibrage thermique isochore
. On peut aussi représenter (en pointillés) l'isotherme
fermant le cycle.
• On peut aussi utiliser une représentation
comme ci-dessus à droite.
Résultats expérimentaux
• Des expériences ont été réalisées avec des bidons en matière
plastique ; l'allure est qualitativement correcte mais les
déformations du bidon, les fuites des joints et les défauts du
rééquilibrage thermique faussent plus ou moins les résultats ; on
obtient généralement des valeurs sous-estimées :
(ci-dessous à gauche ; ajusté avec le solveur du tableur par
la méthode du
).
• Des expériences ont été réalisées avec des bouteilles en verre
pour tester si ce sont les déformations des bidons qui sont la
principale cause d'erreur ; contrairement à ce qui était soupçonné,
les résultats sont généralement plus éloignés de la valeur
généralement admise :
nettement inférieur à
pour l'air (ci-dessus à droite).
◊ remarque : quelques groupes ont testé des mesures en dépression
initiale plutôt qu'en surpression ; les résultats sont tout-à-fait
équivalents.
Facteur de Boltzmann
Modélisation (trop) simple
• Dans un tube vertical de section constante, on considère un gaz
dont la pression décroît exponentiellement en fonction de l'altitude
:
; la concentration évolue donc de même :
.
◊ remarque : on utilise ici un tube de
de haut et
de diamètre.
• En comptant le nombre moyen de billes
par
tranche d'altitude (ici
), on constate effectivement en première approximation une
décroissance d'allure grossièrement exponentielle (linéaire pour
en échelle
logarithmique ; ci-dessous en rouge).
◊ remarque : les billes (en acier, du type “roulement à billes”) ont
une masse
(si la balance est de précision insuffisante, on peut en peser
une dizaine).
• Des mesures ont été faites pour deux fréquences du moteur
(mesurées au stroboscope) :
et
.
• Les mesures font toutefois apparaître un systématique défaut de
concentration au voisinage du piston ; on est donc amené à chercher
une modélisation plus précise.
L'agitation thermique simulée par le piston à un défaut important :
effectuée à une fréquence constante unique, elle ne respecte pas la
répartition statistique des vibrations (proportionnelle au facteur
de Boltzmann associé à leur énergie) qu'aurait un solide servant de
thermostat au contact du gaz.
Effet de surface
• La concentration plus faible au voisinage du piston caractérise un
“effet de surface” : l'action “violente” du piston peut produire des
“turbulences” locales dans le fluide. Pour modéliser cet effet, on
peut ajouter empiriquement une seconde contribution à décroissance
exponentielle rapide :
.
Pour tester un tel modèle, il est souhaitable de disposer d'une
statistique suffisante pour que les incertitudes soient assez
petites (de l'ordre d'une centaine de photographies). On obtient
ainsi une description compatible avec les données (ci-avant en vert
; ajustée avec le solveur du tableur par la méthode du
).
Effet de propagation d'onde sonore
• La concentration plus faible au voisinage du piston pourrait aussi
être interprétée par une propagation d'onde dans le gaz simulé, ou
plus précisément par une sorte d'onde stationnaire : un nœud de
pression associé à un ventre de déplacement.
Le fait que la modélisation précédente soit un peu moins bonne pour
la plus grande fréquence du piston, pour laquelle les billes montent
plus souvent plus haut et la longueur d'onde serait plus petite, est
un indice possible d'un tel effet. Resterait par contre à
interpréter une réflexion d'onde dans un milieu ouvert en haut sans
nette discontinuité des conditions de propagation (effet des
interactions avec l'air et la paroi latérale ? ).
Une telle modélisation théorique n'est par contre pas simple et cela
n'a pas été approfondi compte tenu de l'insuffisance flagrante des
données pour tester (il n'y aurait pas assez de longueurs d'onde
dans la zone étudiée).
Effet de la température
• On peut, en première approximation, simuler une augmentation de
température en augmentant la fréquence du piston (et donc la
puissance moyenne qu'il transmet aux billes).
◊ remarque : une telle tentative de simulation est forcément
médiocre dans la mesure où le réglage est possible pour la fréquence
mais non pour l'amplitude.
• En principe
est proportionnel à l'énergie d'agitation thermique
(température simulée).
En principe, pour une amplitude fixée (c'est le cas du piston),
l'énergie d'une oscillation est proportionnelle au carré de la
fréquence.
D'un autre point de vue, la vitesse "transférée" aux billes est
proportionnelle à la vitesse du piston donc à sa fréquence ;
l'énergie cinétique des billes est proportionnelle au carré de la
vitesse.
• Les données suggèrent presque plus une proportionnalité avec
et non
, mais les
incertitudes sont trop grandes pour conclure.
• La cause la plus plausible est l'influence des frottements sur
l'air : les molécules frottent plus lorsque les vitesses sont plus
grandes. Qui plus est, les billes qui montent plus haut ont dû
frotter plus pour y parvenir ; cela tend à déformer la forme de
décroissance exponentielle en augmentant la pente pour les grandes
valeurs de
(effet
compatible avec l'arrondi de la courbe à plus haute fréquence du
piston).