REPÉRAGE DES TEMPÉRATURES - corrigé du TP
Le thermocouple
Principe du thermocouple
◊ remarque : dans un solide métallique, les atomes mettent en commun
leurs niveaux d'énergie pour donner des “bandes d'énergie” ; le
remplissage de ces “niveaux généralisés” se fait jusqu'au “niveau de
Fermi” (situé dans ce cas dans une bande permettant la conduction
électrique, puisqu'elle est partagée sur l'ensemble) ; les
différents métaux ayant des structures différentes, le décalage de
leurs niveaux de Fermi provoque lors de la jonction un infime
passage de charges pour rééquilibrer, négligeable en quantité de
charges déplacées mais causant une différence de potentiel (f.e.m.)
; par ailleurs, quand la température augmente, la répartition
statistique des électrons s'étale d'autant plus de part et d'autre
du niveau de Fermi, or les bandes n'étant pas symétriques au dessous
et au dessus, l'étalement provoque un déplacement du niveau de Fermi
; dans un métal donné cela cause l'effet Seebeck, mais cela décale
aussi les f.e.m. de jonction.
• Étant donné que seules les différences des métaux interviennent
dans un thermocouple, les coefficients Seebeck sont généralement
indiqués par comparaison à un métal de référence ; on trouve par
exemple (métal de référence non cité) :
;
;
.
◊ remarque : pour de grandes variations, les coefficients Seebeck
dépendent de
; les
indications précédentes sont au voisinage de la température de
référence.
• Pour le thermocouple “fer-constantan” à la température de fusion
du plomb
(voir ci-après) on calcule
alors
qu'on mesure
. Ceci signifie que la contribution
est
négligeable (il y a le plus souvent compensation sur l'ensemble du
circuit).
• De façon générale les tests du “point
” (eau glacée de référence) et du “point
” (eau bouillante) indiquent pour les températures :
- des incertitudes de lecture (y compris la variation dans le
temps)
;
- des incertitudes d'inhomogénéité du milieu
;
et pour les f.e.m. :
- des incertitudes de mesure
plus
;
- des incertitudes de référence (dont sa dérive
pendant la manipulation)
plus
.
Étude du couple fer-constantan
• Sur l'intervalle de températures considéré (pourtant relativement
étendu), la courbe représentative de la f.e.m.
en fonction
de a une allure
presque linéaire, avec un terme quadratique de l'ordre du centième.
• L'année où ces mesures ont été prises, il était demandé de
déterminer ainsi la température de fusion du cadmium (depuis,
l'usage du cadmium a été abandonné, à cause de la
toxicité des vapeurs).
On obtient par interpolation :
, à comparer à la valeur usuellement admise par la communauté
scientifique :
. Ce résultat semble tout à fait satisfaisant.
◊ remarque : trois autres métaux (étain, plomb et zinc) ont été
utilisés pour l'étalonnage aux plus hautes températures.
Étude du couple fer-cuivre
• Non seulement la précision est nettement défavorisée car les
f.e.m. mesurées sont environ dix fois plus faibles (le coefficient
du cuivre est bien moins adapté), mais de plus la courbe présente un
maximum rendant quasi-impossible (trop imprécis) un repérage entre
et
.
L'allure parabolique de la courbe peut être reproduite avec une
représentation d'ordre deux, mais un polynôme d'ordre quatre est
moins approximatif. On peut vérifier que la dérivée s'annule
pour
.
• Pour la fusion du cadmium, on obtient par interpolation :
(sur la partie décroissante de la courbe), “facilement”
compatible avec la valeur usuellement admise par la communauté
scientifique, mais ce résultat semble bien peu satisfaisant pour ce
qui concerne la précision.
Étude du couple fer-nichrome
• Manquant de thermocouples pour des classes plus chargées, nous en
avons confectionné deux de plus avec un ancien reste de fil
disponible au laboratoire, très probablement en alliage
nickel-chrome (mais l'étiquette était illisible).
• Hélas, la précision est encore plus défavorisée car les f.e.m.
mesurées sont encore deux fois plus faibles et la courbe présente
aussi un maximum pour
.
L'allure parabolique de la courbe peut être reproduite avec une
représentation d'ordre deux, mais un polynôme d'ordre quatre est
moins approximatif.
• Pour la fusion du cadmium, on obtient par interpolation :
(sur la partie décroissante de la courbe), raisonnablement
compatible avec la valeur usuellement admise par la communauté
scientifique. Le manque de précision regrettable est ici moins dû à
la proximité du maximum de la courbe qu'aux incertitudes associées à
la faiblesse des f.e.m. mesurées.
Les thermomètres à résistance
• De façon générale les tests du “point
” (eau glacée de référence) et du “point
” (eau bouillante) indiquent pour les températures :
- des incertitudes de lecture (y compris la variation dans le
temps)
;
- des incertitudes d'inhomogénéité du milieu
;
et pour les résistances :
- des incertitudes de mesure
plus
.
Résistance métallique
• Accélérés uniformément par une tension électrique, les porteurs de
charge acquièrent une vitesse proportionnelle au temps, mais à
chaque collision avec un atome fixe ils perdent ce mouvement (les
chocs de l'agitation thermique sont violents). La vitesse moyenne
correspondante (donc celle du courant électrique) est ainsi
proportionnelle à la durée moyenne entre deux collisions ; celle-ci
diminue quand la température (l'agitation thermique) augmente.
• Ne disposant d'aucun modèle physique simple pour l'effet de sur la durée
de collision, on se base sur l'allure des mesures et on propose une
modélisation linéaire .
La comparaison de deux résistances du même modèle donne (la
paramétrisation semble très bonne).
• La sensibilité d'un tel détecteur peut être caractérisée
par
.
Thermistance
• Dans les thermistances, il y a très peu de porteurs de charge mais
l’agitation thermique en “libère” et augmente ainsi la conductivité.
En première (assez bonne) approximation, la gêne du déplacement des
porteurs due aux chocs est négligeable en comparaison.
En notant
l'énergie
d'activation de la réaction
le facteur de Boltzmann donne un nombre de porteurs
proportionnel à
et donc une résistance variant comme
.
Une paramétrisation par
correspond à
mais faute de connaître à l'avance
il est plus
simple de tester les valeurs numériques :
.
◊ remarque : un modèle (peu explicite) propose de tenir compte de la
gêne du déplacement proportionnellement à
; cela
n'a pas été exploité ici, faute de précision suffisante des données
(la modélisation n'est pas meilleure).
• La comparaison de deux thermistances du même modèle donne
respectivement :
et
;
et
.
La paramétrisation semble relativement correcte dans les deux cas,
même si un terme correctif à l'ordre suivant permettrait une
amélioration. Par contre, les écarts de valeurs indiquent une grande
sensibilité au dopage des semi-conducteurs lors du processus de
fabrication.
La précision modeste des données permet à peine de déterminer
l'ordre de grandeur de ; on peut
par contre estimer correspondant
à
par électron, ce qui est bien l'ordre de grandeur des différences
entre les niveaux d'énergie au voisinage du niveau de valence des
métaux usuels.
• La sensibilité d'un tel détecteur peut être caractérisée
par
avec et ainsi
avec
les thermistances sont dix fois plus sensibles que les résistances
(ce qui justifie que la gêne du mouvement des porteurs n'est ici que
du second ordre).
Étalonnage de thermomètres divers
Thermomètre à pétrole
• Les thermomètres de précision étaient généralement à dilatation de
mercure, mais il y a inévitablement de la casse de temps à autres
(même si c'est rare) et, même en nettoyant très attentivement, il
subsiste d'inévitables gouttelettes de mercure répandues dans la
salle. Ce mercure s'évapore ensuite très lentement, polluant
durablement l'air de vapeurs toxiques (malgré l'aération régulière)
; les règles de sécurité ont donc progressivement interdit l'usage
de ces thermomètres dans le système éducatif.
On trouve dans le commerce des thermomètres à pétrole, hélas un peu
moins précis ; il est intéressant de tester par comparaison, tant
qu'il reste au laboratoire quelques thermomètres de précision à
mercure.
• La comparaison met en évidence une précision un peu moins bonne,
mais une très bonne régularité des indications ; il peut alors
suffire de procéder à un étalonnage à deux températures de référence
pour avoir un dispositif de mesure satisfaisant (même si cela
nécessite ensuite un calcul correctif).
• Des thermomètres électroniques de précision acceptable pour des
mesures en laboratoire ont commencé à être commercialisés peu après
; il est intéressant d'en tester de même le comportement.
• La comparaison met en évidence une précision comparable à celle
des thermomètres à pétrole ; on peut les utiliser de même, mais il
est probable qu'au fur et à mesure des progrès techniques ce sont
leurs successeurs qui deviendront les meilleurs instruments de
référence.