RG VIII - MÉTRIQUE DE LEMAÎTRE - GÉNÉRALISATIONS
1. Généralisation pour l'espace en contraction
Formulation du problème
• Pour une particule en chute libre verticale, à partir d'une
vitesse
en
(notations “classiques” de Schwarzschild), la vitesse
algébrique peut s'écrire :
avec
.
Si le mobile part de l'infini avec une vitesse (limite) nulle,
alors
et
donc
. C'est à cette vitesse particulière que correspond la
simplification de Lemaître.
• Pour une chute libre radiale quelconque, la transformation de
Lemaître “brute” avec la vitesse correspondante (
) semble a priori ne pas simplifier la singularité. Autrement
dit : une telle particule semblerait ne pas rencontrer de
singularité avec la métrique de Lemaître, mais en rencontrer une
dans son “référentiel propre”. Il faut préciser la généralisation.
Transformation de Lemaître généralisée
• Pour
, avec
, la transformation de Lemaître peut suggérer une
généralisation en posant :
, avec ici encore :
;
.
Pour
, ce repérage est ici encore en mouvement centripète à la
vitesse d'entraînement :
.
• Par ailleurs, la simplification de la métrique ne nécessite
pas
mais plus généralement
où
est une expression sans singularité. Ceci correspond à
; or
est une expression de cette forme, donc elle simplifie la
métrique.
• Le seul “inconvénient” est qu'on obtient ainsi :
.
On préfère donc poser dans ce cas :
, avec :
;
.
📖 exercices n° I et II.
Expressions des coordonnées
• On obtient en simplifiant :
. Le cas général est compliqué ; on préfère ici deux cas
simples caractéristiques.
• Pour
, c'est le cas d'une particule partant de l'infini (
)
avec une vitesse initiale
; l'intégration donne (avec une constante d'intégration
nulle fixant l'origine) :
.
Cette fonction est strictement croissante, mais non inversible
littéralement pour exprimer la partie angulaire de la métrique.
• Pour
, c'est le cas d'une particule partant avec une vitesse
initiale nulle à une distance finie
(
)
, l'intégration donne (en choisissant la constante
d'intégration pour ajuster l'origine) :
.
Cette fonction est strictement croissante (restreinte à
)
, mais non inversible littéralement pour exprimer la partie
angulaire de la métrique.
Ce résultat est limité à
car
la méthode de Lemaître considère
en fonction
de
avec une
particule partant de
(elle ne
peut servir de référence que là où elle passe). Cela n'interdit pas
de décrire les mouvements à d'autres vitesses, mais pour accéder à
la zone
il faut utiliser une représentation complexe ; en particulier, pour
le cône de lumière à l'instant “initial”, si on veut tracer la
trajectoire du photon sortant vers
.
◊ remarque : si
on obtient
où
, donc la variable
n'est plus du
genre espace ; c'est comme pour les coordonnées “classiques” de
Schwarzschild : là où il n'y a plus de particules de référence du
type choisi (statiques pour ce dernier, impossible pour
).
◊ remarque : en revanche, contrairement à celle de Schwarzschild,
cette limite ressemble plus à une sorte d'horizon, qui s'éloigne
quand on s'en “approche” (ici dans l'espace des vitesses) ; pour des
particules montant à plus grande vitesse, dépassant
à vitesse
non nulle pour aller jusqu'à
, alors la limite “recule” en
; au
contraire l'horizon de Schwarzschild reste au même endroit quelle
que soit la vitesse subluminique à laquelle il est atteint, mais il
disparait complètement si et seulement s'il est atteint à la vitesse
, quelle que
soit la façon dont cette vitesse est approchée.
• On peut comparer l'allure des variations dans les différents cas
(le graphique prend
comme
unité) :
- elliptique pour
(tangente verticale en
pour
) ;
- parabolique pour
;
- hyperbolique pour
.
• On obtient par ailleurs en simplifiant :
.
Pour
l'intégration donne :
.
Pour
l'intégration donne :
.
◊ remarque : la constante imaginaire de
se
simplifie en général si on tient compte dans
du
comportement de
ou
: les limites à l'infini des fonctions
et
se comportent comme un logarithme (dans ce cas
n'a
pas de composante imaginaire).
• De façon générale, ces résultats à la fois renforcent et
affaiblissent la crédibilité de l'interprétation simpliste de la
métrique de Lemaître selon laquelle l'espace serait en contraction.
Cela la renforce en montrant que ce qui est obtenu avec la forme
classique, pour une vitesse particulière, est en fait tout aussi
vrai pour n'importe quelle vitesse de chute libre radiale. En ce
sens, il semble ne pas s'agir d'un artifice de calcul lié à une
simplification fortuite.
Mais cela l'affaiblit en montrant qu'il est faux de croire que
l'effet est lié à un mouvement d'effondrement de l'espace : ce
dernier n'est associé à aucune vitesse de chute particulière.
◊ remarque : c'est différent pour la métrique de Kerr décrivant un
trou noir en rotation ; dans ce cas l'étude de l'ergosphère, ou de
la chute libre avec vitesse initiale nulle, montre que l'espace
physique est entraîné en rotation.
📖 exercices n° III, IV, V, VI et VII.
Représentations graphiques
• Pour
avec
comme
unité, les courbes correspondant à
sont ici encore des droites :
.
L'allure (non représentée ici) est la même que pour
,
mais avec des droites plus rapprochées.
• Les courbes correspondant à
peuvent être décrites par une représentation paramétrique (en
fonction de
) selon les
expressions précédentes pour
et
.
L'allure (non représentée ici) est la même que pour
.
• Pour
avec
comme
unité, les courbes correspondant à
sont ici encore des droites :
.
On obtient la représentation ci-après (ici pour
) ; la partie à gauche de la diagonale n'a pas de
signification physique. L'allure est la même que pour
,
mais avec des droites plus espacées et limitées à
.
• Les courbes correspondant à
peuvent être décrites par une représentation paramétrique (en
fonction de
) selon les
expressions précédentes pour
et
.
L'allure (ici pour
) est la même que pour
,
mais avec une limite en
.
📖 exercice n° VIII.
Trajectoires de particules
• On s'intéresse ici au cas
,
pour lequel existe le problème des particules qui montent
jusqu'à
puis redescendent. On choisit comme exemple
.
Toutes les trajectoires comobiles avec
décrivent des mouvements identiques décalés dans le temps. En
choisissant de représenter celle qui démarre en
à
(particule de référence, ci-après en vert), on impose d'après
ce qui précède :
. Les autres
trajectoires analogues correspondent à des particules qui partent
avant (un exemple est représenté en violet) ou après.
• Mais se limiter à cela serait omettre une partie importance du
tracé. La trajectoire d'une particule dont la chute est en
comouvement dans la partie
ne
se limite pas à cette partie : l'ascension qui précède y est
également représentée (avec
non
constant).
Pour une particule montante :
.
Ainsi (avec
comme
unité) :
.
Avec
l'intégration donne (pour la particule de référence) :
.
On en déduit :
;
.
Ces relations donnent une représentation paramétrique de la partie
montante de la trajectoire, reportée sur la figure précédente.
◊ remarque : les points anguleux des trajectoires, au niveau du
raccordement à la limite
,
sont liés au fait que la métrique y est singulière.
◊ remarque : on peut vérifier que la vitesse opposée redonne
pour
la partie descendante.
📖 exercices n° IX, X et XI.
Généralisation pour l'expansion
Expressions des coordonnées
• On s'intéresse ici au cas
,
qui contribue à décrire le référentiel d'une particule qui monte
jusqu'à s'immobiliser en
,
avant de retomber.
• On obtient dans ce cas :
.
Pour
, l'intégration donne (en choisissant la constante
d'intégration nulle) :
.
• On obtient par ailleurs en simplifiant :
.
Pour
l'intégration donne (avec
comme
unité) :
.
Représentation graphique
Le diagramme de Lemaître représentant
est analogue au précédent, avec symétrie de
en
(mais les
trajectoires des particules ne sont pas tout à fait symétriques).
La représentation de
est de même analogue.
Trajectoires de particules
• Ici de même, la trajectoire d'une particule dont la montée est en
comouvement avec
ne
se limite pas à cette partie : la chute qui suit est également
représentée (avec
non constant)
sur la figure correspondante.
Pour une particule descendante :
.
Ainsi (avec
comme
unité) :
.
Avec
l'intégration donne (pour la particule de référence) :
.
On en déduit (l'expression de
est la même
que dans le cas en contraction) :
;
.
Ces relations donnent une représentation paramétrique de la partie
descendante de la trajectoire.
Combinaison de l'expansion suivie de la contraction
• Pour construire un référentiel comobile avec une particule en
mouvement radial libre, ascendant jusqu'en
puis redescendant, il pourrait sembler logique que le plus
simple soit de raccorder les deux cas précédents.
Cela est toutefois impossible car la transformation de Lorentz
locale ne donne pas des différentielles exactes ; la relation de
Lemaître doit multiplier par un facteur intégrant approprié, or les
variables
et
déduites des
intégrations respectives pour la montée et la descente ont des
conventions de signes incompatibles.
Si le référentiel en contraction a une vitesse d'entraînement ne
dépendant que de
, il est
comobile avec toutes les particules qui descendent de la même façon,
indépendamment de l'instant auquel elles passent en une valeur
particulière de
; il ne peut
donc pas en même temps être comobile avec les particules qui passent
en montant en cette même valeur de
.
◊ remarque : pour obtenir des coordonnées compatibles, il faut que
l'expansion et la contraction dépendent du temps, conduisant à un
repérage comme celui de Novikov (ou de Kruskal-Szekeres), étudié
dans une partie ultérieure.
• La comparaison des figures précédentes montre que, si on raccorde
les deux graphiques au point où la particule de référence (en vert)
passe par la limite
(en
pointillés), les parties gauche des graphiques se chevauchent.
Ceci ne signifie pas qu'il existe des points avec les mêmes valeurs
de
et
,
représentés deux fois, mais indique au contraire que ces coordonnées
n'ont pas la même signification pendant l'ascension et pendant la
descente (il est clair que, pour ces points,
et
ne
se correspondent pas).
Cela n'empêche pas d'utiliser l'ensemble des deux représentations
pour décrire la particule de référence, mais qu'en est-il des autres
particules en comouvement (
) ? Une
telle particule partie plus tôt (aussi bien pour
que pour
) a une
trajectoire plus à droite pour l'ascension (en violet), mais la
suite de son mouvement donne une trajectoire plus à gauche pour la
descente (en violet) ; les deux ne se raccordent pas.
• On peut tenter d'utiliser une représentation changeant le sens de
l'axe de
pour l'une
des deux parties (voire de changer le signe de
dans les
relations en gardant le même sens de l'axe). Cela rendrait toutes
les trajectoires en comouvement raccordables, mais serait illusoire.
L'existence des parties de trajectoires qui ne sont pas en
comouvement, montre que le diagramme obtenu par raccordement serait
de toute façon incomplet.
• En particulier, dans l'intervalle entre les passages en
des
trajectoires en vert et en violet, tout photon échangé entre les
deux particules rejoindrait, dans chacune des figures, une partie en
comouvement et une qui ne l'est pas, cela sans passer par
.
Dans la réunion des deux graphiques, ces photons seraient donc
représentés deux fois, d'une façon qui ne pourrait pas se raccorder
au niveau de
pour donner une représentation unique reliant les deux
graphiques, donc qui ne pourrait pas permettre de se passer des
portions de trajectoires qui ne sont pas en comouvement.
• On ne peut donc pas obtenir ainsi de représentation du référentiel
comobile pour l'ensemble du mouvement d'une particule montant puis
redescendant. Les deux cas, contraction et expansion, donnent chacun
une représentation “complète” (pour
).
À part l'information théorique apportée par leur existence (montrant
la généralité des transformations de type Lemaître), ces
représentations apportent donc plutôt moins que les formes
classiques (calculs plus compliqués).
La suite des raisonnements sera donc faite avec la transformation de
Lemaître “classique”.
Trajectoire de particules montant puis descendant
• Avec les notations “classiques” de Schwarzschild, on a constaté
(chapitre sur l'interprétation du champ extérieur) que dans la
région
il peut se produire des croisements de particules montant et
descendant. On peut revenir sur le cas des particules qui montent
jusqu'à
puis redescendent.
Pour simplifier (l'expression générale est plus compliquée), on se
base ici sur le cas avec
(pour lequel
).
• Lors de la montée, on utiliser l'expression obtenue pour
en
notations réduites, avec l'origine de
pour
,
réexprimée en fonction de
:
.
On peut utiliser les relations entre
et
, en y modifiant la
constante d'intégration pour décrire la trajectoire particulière
telle que
lors
du passage en
:
.
Pour la descente, il suffit de changer le signe de
.
On obtient ainsi une représentation paramétrique de l'ensemble de la
trajectoire
• On vérifie donc que les mêmes particules peuvent sortir de la
région
, puis y retomber (il s'agit de la même région). La sortie
présente une divergence à
mais, avec un repérage de Lemaître en expansion, ce serait au
contraire le cas pour la retombée. Il existe donc également des
particules pouvant sortir.
Dans la mesure où cette description est invariante par changement de
l'origine du temps, on retrouve qu'il peut exister deux telles
particules,
sortante et
entrante, se
croisant dans la région
. Elles ont alors forcément un second croisement pour
.
◊ remarque : ici encore, contrairement à ce qui est souvent affirmé,
on constate que, malgré l'une des deux divergences non éliminée au
niveau de l'horizon, on peut ainsi représenter entièrement les
trajectoires.
• L'allure générale de ces trajectoires, très allongée selon la
diagonale
,
amène à penser qu'une représentation en fonction de
, à une
échelle plus petite pour
, donnerait
une meilleure visualisation.
On outre, on peut aussi bien traiter le cas général en partant des
expressions établies en coordonnées “classiques” et en utilisant les
relations de changement de repérage.
La chute verticale depuis
avec une
vitesse initiale nulle donne (avec
comme unité
et en omettant la composante imaginaire) :
;
;
.
Avec
;
et
, on obtient une représentation paramétrique des courbes en
notations de Lemaître. Les droites
,
qui étaient verticales, deviennent inclinées à vers la gauche (ici
non représentées).
• En décalant les valeurs de
, on peut
tracer (en violet) une trajectoire montant jusqu'à
puis redescendant, mais partant de
après
. On
y retrouve une double intersection avec la trajectoire analogue (en
tirets verts) commençant plus tôt (et atteignant son sommet à
).
On retrouve aussi le même problème qu'avec les notations
“classiques” pour ce qui concerne l'ordre des deux croisements vus
par l'une ou l'autre des particules (le repérage de Lemaître ne
résout pas le problème).
Ici encore, ces difficultés peuvent sembler liées à la forme
particulière des trajectoires au niveau de la divergence ; une étude
(ultérieure) plus approfondie montre qu'il n'en est rien.
Croisement de particules et transformations de Lorentz
Étude des transformations de Lorentz
• On considère ici un croisement d'une particule entrante
et d'une
particule sortante
. Pour
simplifier les calculs, on raisonne avec des particules en chute
libre radiale avec une vitesse limite nulle à l'infini.
◊remarque : aucun croisement n'apparaissait sur les graphiques
précédents, où seules certaines portions utiles au raisonnement
étaient représentées.
• Soit
le
référentiel en comouvement avec
, ayant une
vitesse d'entraînement (vers le bas)
par rapport à
statique.
Soit de même
le
référentiel en comouvement avec
, ayant une
vitesse d'entraînement (vers le haut)
par rapport à
statique.
• Soient
les coordonnées d'un point dans
et
les coordonnées de ce point dans
, la
transformation permettant de passer de
à
(en
éliminant
et
entre les relations de Lemaître) correspond à :
;
.
Ces relations s'appliquent en particulier à
, pour
lequel
et
dont on peut noter
les coordonnées dans
:
;
.
D'après la métrique,
parcourt
ainsi la distance
pendant une durée
, donc la vitesse d'entraînement de
par rapport
à
correspond à
:
.
On vérifie que cette vitesse peut être obtenue par combinaison des
transformations de Lorentz :
.
• Il est remarquable d'obtenir une vitesse d'entraînement qui n'est
jamais supraluminique (et tend même vers zéro pour
),
alors qu'elle est la combinaison de deux transformations qui le sont
toutes les deux pour
.
Ainsi, si le référentiel en contraction est justifié physiquement,
celui en expansion l'est forcément aussi.
Représentation graphique
• Comme pour tout point dans
, on
obtient pour
:
.
D'après ce qui précède :
. Ainsi en combinant :
.
En intégrant, on obtient (en omettant une composante imaginaire
pour
) :
;
.
Cela permet une représentation paramétrique de la trajectoire. On
fixe la constante d'intégration en imposant le croisement avec
:
(constant) pour la valeur de
qui donne la coordonnée
de la position d'intersection choisie.
On peut ainsi ajouter sur le graphique, en pointillés, les
trajectoires de trois particules
sortantes
croisant la particule
en
chute (
,
en vert) respectivement pour
(en coordonnées réduites).
• Pour les particules sortantes
croisant
en
, la particule
entrante voit
s'éloigner
de l'astre, moins vite que les photons sortants, en semblant
provenir de l'horizon (en principe
ne voit pas
la partie
).
Par contre, pour les particules sortantes
croisant
en
, le diagramme semble montrer que la particule
entrante voit
“tomber” sur
l'astre, plus vite que les photons dans le sens sortants (qui, selon
l'interprétation usuelle, ne peuvent pas sortir), en semblant
provenir de l'horizon.
La différence essentielle est que, par construction, on sait ici que
sort.
◊ remarque : inversement de même, pour
, il semble que la particule
sortante
voit la particule
entrante
incapable d'entrer.
• Une telle interprétation serait toutefois incohérente
puisque
implique que
et
sont de signes contraires à
: la
particule
se comporte
comme si elle remontait le temps (quand
augmente,
se déplace
vers le bas, donc vers l'extérieur).
◊ remarque : si
est un
proton qui sort,
voit un
antiproton qui entre.
Pour mieux comprendre, on peut tracer la trajectoire plus complète
d'une particule
, sans se
limiter au voisinage d'un croisement avec
.
On constate que les deux particules se croisent deux fois : pour
il y a un
croisement extérieur puis un croisement intérieur ; pour
l'ordre des
croisements est inversé.
• La relativité restreinte nous habitue à penser que la simultanéité
dépend du référentiel, mais qu'un changement de référentiel conduise
ici à retourner l'écoulement du temps sur toute une trajectoire,
cela n'a rien d'évident.
• Qui plus est, dans cette région
, le photon émis dans le sens “sortant” (
croissant, à
droite de
), qui semble
ne pas pouvoir sortir, peut en réalité peut être le faire. En effet,
s'il est difficile de raisonner de façon analogue pour des
particules de masse nulle, puisqu'on ne peut pas se placer dans leur
référentiel propre, on sait par contre que ce photon “sort” plus
vite que toute particule massive... qui (d'après ce qui précède)
peut sortir.
◊ remarque : comme déjà constaté avec les coordonnées “classiques”
de Schwarzschild, ces propriétés étranges sont liées à l'apparente
invariance par translation dans le temps ; en fait il ne peut y
avoir ni trou noir ni trou blanc permanent ; comme décrit par les
repérages de Kruskal-Szekeres et de Novikov, il existe forcément un
instant privilégié où un trou blanc termine son expansion et
commence un effondrement en trou noir ; les particules ne peuvent
que sortir dans le passé et ne peuvent qu'entrer dans le futur.
📖 exercice n° XII.
Transformation de Lemaître et coordonnées isotropes
• La transformation de Lemaître est élaborée en présupposant que
l'expression de la vitesse de chute verticale, établie pour
en coordonnées “classiques”, s'extrapole logiquement au delà.
Bien qu'une telle démarche ne soit pas a priori contradictoire, cela
contient un biais de raisonnement : on peut tout aussi bien
présupposer valide l'extrapolation prévue par le calcul en
coordonnées isotropes. C'est ce qui est étudié ici.
Il est pour cela possible de raisonner simplement par
l'intermédiaire de
, mais aussi de calculer directement avec
.
• Avec les notations isotropes, la métrique (limitée à la partie
radiale) s'écrit :
;
;
;
.
• Pour une particule en chute libre verticale à partir de l'infini,
avec une vitesse “initiale” (limite) nulle :
.
◊ remarque : on vérifie que
passe
par un maximum pour
.
• En construisant une transformation de Lemaître généralisée adaptée
à cette vitesse, on est conduit à proposer :
;
;
.
Ceci donne une métrique sans singularité :
.
• On obtient alors :
; l'intégration donne :
.
◊ remarque : compte tenu de l'interprétation isotrope, on choisit la
constante d'intégration telle que
pour
.
• Avec une échelle horizontale logarithmique (mieux adaptée aux
coordonnées isotropes), on obtient la représentation suivante
(avec
comme unité).
◊ remarque : c'est qualitativement ce que donne la coordonnée
“classique”
en raccordant les zones
en
contraction puis en expansion (de l'autre côté de l'horizon), après
élimination des zones
; le raccordement est sans problème car ici
et
ne changent pas de signe.
• Les lignes caractérisant
sont ici encore des droites, mais leur écartement (en échelle
logarithmique) tend vers l'infini quand
. Ceci est associé au fait que dans ces conditions la variable
“classique”
recroît
vers l'infini.
La représentation graphique peut d'ailleurs être faite “en fonction
de
” (ci-après
pour
de part et d'autre, avec
comme
unité).
• Lors de la chute libre radiale d'une particule, la métrique étant
“synchrone”, les droites
(lignes de temps) sont des géodésiques. Le mouvement se
poursuit donc vers
correspondant à
; ceci confirme la possibilité de raccorder les zones en
contraction puis en expansion dans ce diagramme de Lemaître (avec
les possibilités d'oscillations qui s'en déduisent).
• On obtient par ailleurs :
; ceci donne :
.
On obtient la représentation suivante (pour
avec
comme
unité).
◊ remarque : ici la convention de signe pour
dans la
région
est conforme à
,
dans la mesure où
reste
croissant.
• L'interprétation déduite des coordonnées “isotropes” semble éviter
certaines difficultés associées à l'interprétation “classique”, mais
en fait apparaitre d'autres (et réciproquement).
Par contre, la méthode des repérages de Lemaître n'apporte aucun
argument en ce sens. Si on calcule la vitesse de chute libre en
présupposant l'une des deux interprétations, on en déduit un
repérage de type Lemaître montrant que ceci est plausible, mais cela
ne permet pas de discriminer.
Ces considérations physiques suggèrent ici encore que la
simplification mathématique de la métrique n'est qu'un artifice de
calcul fortuit. Celle-ci ne serait alors valable que pour
, la limite théorique
étant impossible à atteindre dans les conditions physiques
réelles (selon L. S. Abrams).
📖 exercice n° XIII.